Avant la législation (1945 à 1973)

Il est difficile de déterminer avec exactitude les débuts de la podiatrie au Québec. Nul doute que les besoins en santé des pieds des Québécois ont toujours existé. Il y a peu d’écrits connus sur cette période de la profession au Québec.

 

Vers les années 1945-1950, l’après-guerre donc, les thérapeutes du pied se sont multipliés dans nos sociétés. Ils étaient presque absents ici au Québec, mais quelques individus formés aux États-Unis ou de provenance européenne sont venus s’installer et travailler au Québec dans ce secteur d’activité. Certains Européens ont même entrepris d’offrir de la formation, qui à l’époque ne devait ressembler en rien à ce que nous connaissons aujourd’hui. Toutefois, quoi qu’on en dise, ce fut là les très modestes débuts de notre grande profession.

 

Dans les années 60, période précédant la législation reconnaissant la profession de podiatre au Québec, il existait des associations de podiatres dans la province. Ces associations au nombre de trois regroupaient l’ensemble des praticiens dont la principale activité professionnelle était le traitement des pieds. Il convient de les nommer : l’Association des podiatres de la province du Québec (APPQ), la Société de podiatrie de la province du Québec (SPPQ) et les Praticiens en podiatrie de la province du Québec (PPPQ). Aujourd’hui, ces associations n’existent plus. Il aurait été formidable qu’elles laissent des écrits, des procès-verbaux ou d’autres formes de documentation relatant leurs activités, leurs buts et leurs réalisations, mais malheureusement rien de tout cela n’existe de nos jours. Un bref rappel historique pour chacune d’elles paraît donc nécessaire. En effet, ceux et celles qui se souviennent de cette période se rappellent sans doute de la grande vitalité dont étaient animées ces associations.

 

L’APPQ comptait deux docteurs en médecine podiatrique (Doctors of Podiatric Medicine ou DPM) : Claude Laliberté, DPM et Irving Kaufman, DPM. Ils auraient souhaité à l’époque que le gouvernement légifère en matière de podiatrie. À cet effet, ils présentèrent en 1948 un Bill privé (ancienne appellation d’un projet de loi), lequel fut rejeté par le gouvernement. Il leur faudra attendre jusqu’à 1974 pour voir s’opérer la légalisation de la podiatrie.

 

La SPPQ, quant à elle, regroupait environ une centaine de podiatres, non DPM. Fondée vers les années 1945 par le podiatre M. Foch Melançon et son frère, ainsi que M. Alyre Desjardins, Mme Madeleine Brissette et M. Bernard l’Heureux, ces derniers tous podiatres. Cette association s’est démarquée par sa grande vitalité, particulièrement après 1965. Il faut souligner le dynamisme et le talent motivateur de M. Marc Desforges, podiatre, qui en fut l’un des présidents. En effet, les séminaires, les congrès, la formation générale adaptée, ainsi que les mises à niveau des connaissances en biologie, en chimie, en pharmacologie, en sciences podiatriques, en radiologie se sont succédés à un rythme effréné à cette époque.

 

Enfin, la PPPQ, une association regroupant environ 150 praticiens, opérait à un tempo qui, disons-le, s’avérait plus modéré. Une légère rivalité maintenait ces associations à une certaine distance l’une de l’autre. Toutefois, avec la légalisation de la profession, elles se retrouvèrent toutes regroupées au sein d’un même Ordre professionnel. Ce rapprochement forcé aura fini par aplanir les différences.

 

Aucune de ces associations n’a connu une très longue vie, une dizaine d’années tout au plus. Elles ont toutefois été le théâtre d’une première activité podiatrique sans précédent dans l’histoire de la profession. C’est avec elles que la profession de podiatre a vraiment commencé à exister au Québec, vers la fin des années 1960. La pratique de la profession au Québec pouvait donc être résumée ainsi : 2 podiatres formés aux États-Unis (donc DPM), 250 podiatres affiliés aux associations professionnelles existantes et possiblement 200 à 300 autres, de toutes allégeances et non répertoriés. Ces derniers étaient originaires d’Europe, là où cette profession était déjà connue depuis longtemps, ou alors des Québécois ayant pris des cours dans l’une ou l’autre des écoles non réglementées ici au Québec. Il y avait à l’époque un certain engouement pour les soins des pieds, comme en témoignait le succès de la célèbre clinique Wolfe à Montréal, où ont œuvré plusieurs podiatres, européens comme québécois.

 

Dans les années 1960, les choses bougeaient au Québec. D’abord, en 1967, Montréal a été l’hôte de l’Exposition universelle. Mais souvenons-nous aussi qu’au ministère des Affaires sociales, une réforme importante est venue changer la donne dans le milieu de la santé : celle du ministre Claude Castonguay, qui a mené à l’instauration de la Régie d’assurance maladie du Québec et de la fameuse « carte soleil ». Dans la foulée de cette transformation, une structure administrative gouvernementale, l’Office des professions, a vu le jour.

 

À l’époque, vers 1969, le ministre souhaitait reconnaître quatre nouvelles professions : l’audiologie, la denturologie, la chiropratique et la podiatrie. Cette nouvelle ne manqua pas de se répandre dans la communauté des praticiens qui prodiguaient des soins de pieds, les poussant à donner des cours, organiser des congrès et effectuer les mises à jour nécessaires dans le contexte de la création d’une nouvelle profession, incluant l’élaboration d’éventuels examens d’admission à la pratique. Les associations déjà en place poursuivaient des objectifs communs : la reconnaissance de la profession et la meilleure formation possible pour tous leurs membres.

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